| Marco29 | 26.06.2008
Betfair défend son système de bourse de paris en ligne
La société Betfair, un des principaux opérateurs de paris en ligne (et aussi poker et casinos) en Europe, veut faire entendre sa voix dans le processus actuel d'ouverture du marché des jeux d'argent en ligne. Avec la publication d'un Livre Blanc, Betfair veut défendre son système de bourse de paris ("betting exchange" ) et mettre en garde le gouvernement contre une "ouverture" qui ne permettrait pas de juguler les opérateurs off-shore ne disposant pas de licences en Europe.
Le Livre Blanc de Betfair, remarquablement construit et précis, rappelle d'abord la spécificité de Betfair dans le monde des paris en ligne. Betfair est la plus importante plate-forme d’échanges de paris en ligne au monde. Ce concept permet aux parieurs de choisir leur propre cote et de parier entre eux, et non contre l’opérateur, comme c’est le cas avec un bookmaker traditionnel. Betfair est basé au Royaume-Uni, et détient des licences additionnelles en Allemagne, en Autriche, à Malte, ainsi qu’en Australie. L’entreprise, fondée en juin 2000, emploie 1200 salariés. Betfair a remporté le « Queen’s award for Enterprise » en 2003 et en 2008. Betfair a aussi été nommée entreprise de l’année en 2004 et en 2005 par la Confederation of British Industry (CBI), la première à recevoir cette récompense deux fois. En plus de sa plate-forme d’échanges de paris, Betfair exploite un site de poker en ligne, Betfair Poker, issu de l’acquisition de pokerchamps. com, ainsi que le site de casino en ligne Zero Lounge. Les fondateurs de Betfair et la plupart des dirigeants historiques de la société sont toujours présents dans la gestion et le capital de la société, qui compte plusieurs actionnaires de référence prestigieux*, dont Softbank,Europ@web (Groupe Arnault), et JPMorgan.
Le "betting exchange" ou bourse de paris est un site internet sur lequel les parieurs s’échangent des paris à des cotes qu’ils fixent eux-mêmes, à charge pour eux de trouver une contrepartie, sinon le pari n’est pas réalisé. L’opérateur d’un "betting exchange" est dans une position de neutralité, comme un bookmaker qui ne se constituerait pas contrepartie mais qui se contenterait de tenir un livre (book) de positions parfaitement équilibrées. L’opérateur d’un betting exchange se rémunère habituellement par une commission prélevée sur les gains des parieurs, qui est de l’ordre de 2 à 5 % de ces gains. Le terme « betting exchange » provient de la Bourse et, comme celle-ci, le système vise à la mise en adéquation la plus fine possible de l’offre et de la demande de paris et d’enjeux. Cela suppose une plate-forme d’échanges centralisée et sécurisée et une forte implication de l’opérateur dans le domaine de la gestion des risques, des réseaux d’information et de la sécurité, tout comme n’importe quel opérateur de marché boursier. Betfair est le plus important betting exchange au Royaume Uni et le seul opérateur sur internet à disposer d’une licence délivrée par les autorités de ce pays. Betfair centralise plus de 15 fois le volume de transactions quotidiennes de la Bourse de Londres (le London Stock Exchange) ; 5 millions de transactions sont traitées chaque jour en moins d’une seconde !
Alors que l'ouverture du marché français des paris sportifs semble faire l'impasse sur cette forme de paris (voir notre article "Ce qu'il faut retenir de l'annonce gouvernementale d'ouverture" ), le ministre E.Woerth ayant évoqué la seule ouverture au marché des paris mutuels et à la côte ("bookmaking" ), Betfair défend son modèle en mettant en avant ses actions pour la protection des consommateurs, la lutte contre la fraude et la criminalité, la protection de l'intégrité du sport. Il rappelle que, en tant qu'opérateur pourvu d'une licence maltaise, la société est extrêmement contrôlée.
Betfair vient souligner son rôle dans la protection de l'intégrité du sport et la lutte contre la fraude en rappelant que la société est à l'origine de l'enquête de l'ATP contre Daydenko, à l'origine d'une psychose du monde sportif contre les paris sportifs en ligne (voir notre article à ce sujet). Ainsi, en 2007, lors du tournoi de tennis de Sopot, Nikolay Davydenko avait abandonné contre l’Argentin Vassallo Argüello. Betfair avait enregistré 5 millions d’euros de mises, soit dix fois plus que d’habitude, essentiellement sur Vassallo Argüello, bien que ce dernier se fût incliné au premier set. Betfair a alors suspendu les paris et alerté l’Association des Tennismen Professionnels (ATP). "Match truqué ? Une enquête le dira peut être un jour. L’important ici est qu’un opérateur soit en mesure d’intervenir en temps réel lorsqu’il détecte une anomalie grâce à son système centralisé" constate Betfair.
A juste titre, Betfair n'a pas compris l'opprobe dont la société a été l'objet, alors même qu'elle avait identifié la fraude et alerté les instances sportives. Paradoxalement, Betfair s’est vu reprocher son rôle : « avant l’existence d’une bourse d’échange de paris, ce genre de fraude n’existait pas » a-t-on entendu. C’est à peu près aussi absurde que de soutenir qu’il n’y avait jamais d’excès de vitesse sur les routes avant l’utilisation de radars permettant de contrôler la vitesse avec précision. Avec un système comme celui que développe Betfair, la transparence est de rigueur, la fraude est immédiatement détectable.
Comme beaucoup d'opérateurs, Betfair craint que les autorités françaises, dans leur projet d'ouverture, ne se trompent de cible. Car, en voulant imposer une fiscalité élevée (telle que l'envisage le Rapport Durieux), l'Etat français dissuadera les opérateurs disposant d'une licence européenne (à Malte, Gibraltar, Angleterre, etc...) de s'implanter en France. C'est ainsi que les opérateurs off-shore, installés dans des Etats moins rigoureux sur les contrôles (Belize, Curaçao, etc...), pourront présenter une offre de jeux particulièrement attractive aux joueurs français, sans aucune garantie pour la sécurité et la protection des joueurs.
En conclusion, le Livre Blanc de Betfair apporte un éclairage particulièrement intéressant sur le sujet et des propositions claires qui seront utiles au débat à venir sur les modalités de l'ouverture
http://jeux-argent.20minutes-blogs [...] 300743.pdf |
Mike69 GO HABS GO | Merci Marco pour cet article  |
basque | merci marco29 et longue vie a betfair en france. il faut que betfair garde le systeme actuel. jespert qu'ils feront le necessaire. |
Staker1 La vie c'est du plastique | Merci pour l'article !
Je n'ai pas lu le livre blanc ; Il semble que Betfair défende ses intérêts mais on ne peut pas nier qu'il le fait habilement et intelligement, comme d'habitude.
Par contre ça me parait un peu exagéré non :
Citation :
Betfair centralise plus de 15 fois le volume de transactions quotidiennes de la Bourse de Londres (le London Stock Exchange)
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Message édité par Staker1 le 28-06-2008 à 19:04:21 ---------------
Pariez sur des évènements ordinaires à des cotes extraordinaires, pas sur des évènements extraordinaires à des cotes ordinaires.
Tu vis pour parier, t'es accro. Tu paries pour vivre, t'es riche.
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Mike69 GO HABS GO | Non c'est surement possible, car pas mal de mecs font du dutch, don ca multiplie le nombre de transactions  |
sylvaink8 | On parle de volume de transactions ? Je pense comme staker qu'il y a une petite faute dans l'article. |
Elvenado scalper | Je pense que par volume de transaction qu' il veulent dire le nombre d' ordre lancé par jour sur betfair quelques soit le le montant par ordre enfin je l' interprete ainsi, si c' est le cas je veux bien le croire qu' il soit 15x supérieur au London stock exchange par contre cela ne veut pas dire que le volume ou la masse d' argent soit plus important sur betfair.
Quand on voit le nombre d' ordre lancé par exemple en tennis a chaque point par exemple, fnalement je ne trouve pas cela forcément étonnant.
En bourse selon les brookers chaque ordre a un cout qui peut varier a quelques a plusieurs dixaine d' euro, imaginez si on devait payé 10 euros a chaque ordre lancé sur betfair ---------------
Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras
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Staker1 La vie c'est du plastique | En effet si on raisonne en nombre de transactions c'est jouable, avec le tennis comme tu dis et aussi le trade intense sur le horseracing.
Et puis lautre aspect auquel je n'avais pas pensé c'est que Betfair est ouvert 24h/24 contrairement au LSE, ce qui multiplie les occasions de transaction.
Ce chiffre fait vraiment réfléchir. ---------------
Pariez sur des évènements ordinaires à des cotes extraordinaires, pas sur des évènements extraordinaires à des cotes ordinaires.
Tu vis pour parier, t'es accro. Tu paries pour vivre, t'es riche.
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Marco29 | 01.07.2008
M. Davies, Betfair : "Sans une imposition sur le Produit Brut des Jeux, le gouvernement sera perdant"
Suite à l’ouverture annoncée du marché des jeux d'argent en ligne en France, Mark Davies, PDG du site Betfair, a bien voulu répondre à nos questions.
1) Quel est votre sentiment face aux modalités d'ouverture du marché des jeux d'argent en ligne annoncées par le gouvernement ?
Mon sentiment est positif, même si toutes les modalités de l'ouverture ne sont pas encore arrêtées ou connues : nous resterons prudents tant que ce n'est pas le cas. Sur les modalités déjà annoncées, nous pensons que le maintien d'un système exclusif de pari mutuel uniquement pour les courses hippiques est une très mauvaise nouvelle pour la filière hippique française. Nous nous attendons à ce que les joueurs se dirigent en grand nombre vers d'autres produits qu'ils préfèreront, avec des systèmes de pari à cote fixe. L'activité de paris sur les courses hippiques risque de perdre des parts de marchés par pans entiers...
2) Face à cette ouverture, quelles sont les ambitions de Betfair sur le marché français ?
Nous sommes attentifs aux nouveaux développements et nous n'avons jamais fait mystère de notre souhait de nous implanter sur le marché français, lorsque cela sera possible. De même, les consommateurs français n'ont jamais dissimulé leur intérêt pour notre produit. Nous constatons une demande de la part de clients français, alors que nous ne faisons aucune publicité ici, notre site n'est pas en langue française et que nous ne faisons rien pour développer nos activités sur ce marché.
3) Pensez-vous que Betfair remplisse les conditions d'éligibilité ? Comptez-vous demander une licence ?
Nous sommes confiants que nos standards opérationnels sont parmi les plus élevés au monde. Ils surpassent certainement, et dans toutes les catégories importantes (vérification de l'âge des joueurs, protection des consommateurs vulnérables, prévention des fraudes et du blanchiment, taux de redistribution aux joueurs) les pratiques actuelles du monopole en France. Nous prendrons la décision de demander une licence en France lorsque ses conditions d'attribution et son cadre de fonctionnement seront définitifs.
4) Quel est, selon vous, le niveau d'investissement à consentir pour s'imposer en France ? Comptez-vous vous associer, comme d'autres, à des acteurs établis en France (médias, etc…) ?
Nous privilégions une approche pragmatique. Nous n'avons pas, aujourd'hui, une visibilité suffisante pour savoir quel seront les environnements réglementaire et concurrentiel qui dicteront notre conduite. Au Royaume-Uni, après seulement quelques années d'existence, nous sommes devenus le troisième sponsor du pays pour le secteur des courses hippiques et le premier opérateur de paris à sponsoriser un club sportif majeur (en l'occurrence un club de football de première ligue). Nous avons également lancé une série d'initiatives pour encourager et financer la pratique sportive amateur. Vous connaissez la fable de Lafontaine ? "Rien ne sert de courir ; il faut partir à point"...
5) Qu'attendez-vous du gouvernement en matière d'imposition ? Quel est, selon vous, le taux d'imposition acceptable ?
Franchement, ce n'est pas l'opinion de Betfair qui compte. C'est plutôt le niveau d'imposition que les parieurs français estimeront supportable qui sera déterminant car, au final, c'est eux qui vont devoir le payer. S'ils en jugent le coût trop élevé, les parieurs se porteront vers des marchés où ils seront moins imposés, quoiqu'en dise le gouvernement français. Pour ce qui est de l'assiette d'imposition, notre sentiment est qu'elle doit logiquement se porter sur le produit brut des jeux (PJB) afin de favoriser une vraie concurrence entre les opérateurs. Sans une imposition sur le PJB, les consommateurs seront perdants et, à terme, le gouvernement français : des parts significatives de son marché national des jeux et paris se reporteront sur le marché global.
6) Les ligues sportives semblent aussi gourmandes en terme de retour financier de la part des sites de paris sportifs. Cette demande vous semble-t-elle acceptable, et si oui, dans quelle mesure ?
Nous avons toujours affirmé que nous sommes favorables à un retour financier des paris vers le sport. Dans de nombreux cas, Betfair contribue à ce financement de manière totalement volontaire. Encore faut-il que ce processus repose d'abord sur la base de partenariats contractuels et de respect mutuel plutôt que sur une affirmation de propriété fictive de droits non existants. Comme en matière fiscale, il faut bien comprendre que le prix de ces accords est, au final, payé par le consommateur. Un consommateur pourra toujours trouver sur un autre marché le produit qu'il souhaite s'il estime que son coût est trop élevé sur le sien. Il faut atteindre un équilibre où chacun puisse trouver son compte. Dans ce contexte, la phase d'expérimentation de l'ouverture du marché, évoquée par le Ministre du Budget, est une étape importante
Source -->> http://jeux-argent.20minutes-blogs.fr/ Message édité par Marco29 le 01-07-2008 à 06:08:46
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